Ma schizo

Semaine ép(r)ouvante

Cela commence la veille de mon anniversaire, ceux de mes 39 ans. Un voisin se gare devant chez moi, là où je me gare d’habitude et d’un coup, je me sens comme « obligé » d’ouvrir les fenêtres et le lui dire. Je n’ai jamais eu de soucis avec lui auparavant et nous étions en bon termes donc aucunes raisons, a priori qu’il fasse ça pour une querelle mais. Le lendemain s’en suit une dispute et le soir, au moment où je me couche, je commence à entendre derrière chez moi : « tu vas voir, on attend qu’ils dorment et on va se faire sa femme et sa fille. En plus, elles sont bonnes ! »
Oh là, ils veulent violée ma femme et ma fille ? Pour une place de parking ?
J’ouvre la fenêtre et ne voit personnes. Mais ça continue, j’entends environ 6 à 7 personnes. Ce qui fait que je ne dors pas, je surveille tout en commençant à flipper sérieusement.
La nuit se passe tant bien que mal, le jour se lève et j’entends : « on repasse ce soir, là on ne peut plus rien faire. »

Le soir, rebelote,  cela recommence. Je sors, ne voit personnes, je fais le tour de la maison, toujours personnes, bon, c’est quoi ce délire ?!?
Je passe encore une nuit à flipper avec mes chaussures de sécu, tout habillé au cas où, en sachant que moi contre 6 ou 7, je n’ai pas beaucoup de chance (voire 0). A deux ou trois reprises, j’essaie de faire comprendre à ma compagne que l’on court un grave danger mais elle n’entend rien, je mets ça sur le compte du sommeil.

Les nuits sont courtes et de plus en plus intenses. Je dors 1 heure par nuit, n’arrête pas de me mettre de l’eau froide sur le visage afin de me réveiller. Je tourne en rond, fais ma ronde, m’accroupi devant le poêle pour fumer et souvent j’essaie de me boucher les oreilles afin de ne pas entendre comme si je souhaitais faire une pause mais presque à chaque fois : « arrête de faire semblant, on sait que tu nous entends ». Le jour, je vais au travail et ça continue mais plus espacé bien que de plus en plus violent aussi, si bien qu’à un moment, j’entends comme si 200 personnes criaient mon nom devant l’entreprise. Je sors et ne voit personnes, rentre, réentends ces voix et je fais le tour par un autre côté afin de voir si des voitures sortent car il n’y a qu’une entrée / sortie. Mais toujours rien. Je commence sérieusement à dire que je suis fou car 200 personnes qui sortent aussi rapidement, pas possible.

La scène est telle que je croyais que même mes collègues étaient au courant car je « savais » que quelqu’un les avaient prévenu de ne rien dire !

Au bout d’un moment, les choses s’intensifient et me propose de ne pas violé ma compagne et ma fille si je mets la main dans une machine à bois. Mon travail était les bois de grosses sections alors une main… J’allume la machine, réfléchis, et au bout de 5 minutes, m’y refuse. Une voix me dit : « fais-le, en plus tu vas toucher l’AAH, plus besoin de travailler et tout ça en sauvant ta famille ! ». Mais je continue à refuser si bien que les choses vont de mal en pis. « Ils » me proposent le suicide. Je prends la voiture de la société en prétextant un rendez-vous, vais là où ils me disent d’aller mais je ne peux me résigner au suicide alors je négocie de travailler pour eux.

À ce moment, je croyais qu’ils avaient mis des micros et des caméras partout où je me trouvais, c’est à dire, nos voitures y compris celle de la société, chez nous sinon comment connaîtraient-ils tous mes mots de passes, fais et gestes etc. En gros, j’avais à faire à une mafia d’une ampleur gigantesque car là où je me trouvais, il y avait toujours quelqu’un pour me surveillé !!!! Énorme, même la gendarmerie est parmi eux ! C’est quoi ce délire ? Pour une place de parking ? Je deviens complètement fou oui.

J’abrège les détails mais j’ai cru que la gendarmerie en faisait partie car un midi ma compagne m’invite à déjeuner dans un petit resto afin d’essayer de me faire penser à autre chose. Loupé, on arrive au resto, un couple s’installe à quelque tables de nous et j’entends : « tu peux venir maintenant, tout est en place pour t’accueillir ! Tu ne pourras pas porter plaintes ! » Et tout ça de vive voix, sans que personnes n’entendent à moins que tout le monde soit au courant et veux me faire tomber y compris ma compagne ?

Bref, petite semaine sympathique au demeurant. La cerise sur le gâteau fût la veille des vacances ou l’entreprise organise un petit pot afin que toute l’équipe se retrouve, environ 30 personnes. Ce soir-là, au moins 15 personnes ne parlent que de moi durant 1 heure ! Des choses que moi seul ou que ma compagne et moi connaissions et à chaque fois que je crois rêver, quelqu’un me fais une tape sur l’épaule ou me pose une question. Je nage en plein délire ou non ? Est-ce vraiment réel ? Oui ! Mais quel est ce bordel ?!?

Ma compagne vient me chercher avec mon beau-frère et ma fille. Nous allons au resto dans le but de fêter les vacances et de toute la soirée, je n’ai entendu hormis les conversations que l’on avait, « c’est ça d’être un égrégore ». Un groupe jouait dans un bar à quelques mètres de nous et les seules paroles que j’ai entendu de toute la soirée fût : « c’est ça d’être un égrégore ». Une mère qui parle à son enfant, me regarde et dit : « c’est ça d’être un égrégore ». Le sentiment que j’avais était comme une pose, je me sentais bien, heureux comme si tout était fini. Mais non, le lendemain, nous étions dans un parc pour enfant et j’entends les chiens me parler, les couples qui passaient répondaient à mes questions et si je n’avais pas compris, c’était quelqu’un d’autre qui répétait.

Boudiou, dans quel monde je vis ?

 

 

Les vacances

Ma compagne n’en pouvant plus et ayant peur que je parte en vrille complétement, me propose de partir en vacance chez mon frère et ma belle-sœur, avec ma fille.

Là aussi ce fût un sacré sketch. Faut que je précise que pendant que ça n’allait plus avec ma compagne, j’étais tombé sous le charme d’une caissière d’un supermarché où j’allais régulièrement chercher mon « repas » de midi durant ma période en entreprise. Je ne connais ni son prénom, ni rien sur elle mais c’était très agréable d’aller faire mes petites courses à midi et elle a occupé aussi, une partie de mes pensées voire mon imaginaire durant quelques temps. Cette caissière m’ayant « parlé » par télépathie un soir où je suis parti à la rivière afin de me détendre a fait que la suite ne me posait pas de problème quant aux communications « télépathique » que l’on pouvait avoir car tous ceux qui sont connectés peuvent communiquer par télépathie, mais avant…

On prend le bus pour aller à la gare, durant le trajet, une voix me dit que je n’aurais pas besoin de prendre de billets car quand on est connecté, la vie est beaucoup simple. Elle me dit également que je retrouverais cette femme à la gare et que nous ferions le trajet ensemble. Perso, pas trop envie de mêler ma fille à tout ça car c’est déjà assez compliqué à gérer. On arrive à la gare, monte dans un train, qui n’est pas le bon, du coup, prochaine arrêt, on descend pour prendre le bon train mais toujours sans billets car je n’en ai pas besoin. Pour l’instant, c’est principalement ma fille de 8 ans qui me « dirige », j’étais fier d’elle mais alors de moi, je n’en dirais pas tant.

Une fois dans le train, je commence à insulté tout le monde. Pas de vive voix, c’est à dire vocalement mais de cette voix intérieur. J’avais l’impression que tout le monde entendais et je ne pouvais m’en défaire. Deux choses me choquent : d’une je n’ai pas pour habitude d’insulter ceux que je ne connais pas et avec qui je n’ai aucune embrouille et de deux, je ne pouvais pas m’en détaché à tel point que cela occupait la majorité de mes « pensées ». Super, une chose en plus à contrôler.

Durant tout le trajet, la moindre femme mignonne c’est : « tu veux la baisée ? Elle n’attend que ça ! » Et quand c’est un homme : »regarde ce gros con, il ne peut rien te faire, c’est nous qui le contrôlons » et ainsi de suite durant 8 h.

Une des choses qui me frappa est que ces voix n’étaient pas liées à une distance car je n’étais plus chez moi donc ce n’est ni des micros, ni une communication implanté et vu que les voix avaient changées aussi bien de son que de ton, cela pouvait effectivement n’être que « télépathique ». Certains événements m’étaient décrient avant (de 1 minutes à 5 minutes) que cela n’arrive donc plus de doutes sur cette connexion.

Une fois arrivé à bon port, mon frère viens nous chercher et ces 10 jours furent tout aussi bizarre que les autres bien que quelque chose commença à me mettre la puce à l’oreille.

Je passe les détails mais ma belle-sœur ainsi que mon frère, à deux reprises ont formulés des phrases qui quand je leur demandais de répéter ne s’en souvenais plus mais quand je leurs disais le début, la réponse était : » effectivement, je m’entends dire ça mais je ne sais pas pourquoi. », du coup, j’étais rassuré de n’être pas tout à fait dans le faux.

Grâce à tout ça, sans comprendre le pourquoi du comment, je sentais que je devais rechercher ce que je vivais car trop d’événements, trop de choses concrètes pour que ce ne soit qu’une simple folie ou une quelconque hallucination perdue dans les méandres de ma petite crânienne

 

Reprise du travail

J’avoue avoir eu peur et en même content de reprendre le travail.

La peur que les collègues se souviennent et se foutent de moi et content de pouvoir enfin savoir si les voix ont raison quand ils disent que les collègues ne se souviendront que de très peu de choses.

Le premier jour fût plutôt intense en émotion car je ne faisais que chercher des « preuves » de ce que mes voix m’ont dit et à mon grand étonnement, quand je posais des questions, à tâtons j’avoue, j’étais obligé de constater qu’on avait pas les mêmes souvenirs aussi bien de la semaine que du pot de départ en vacance. Tout ce qui s’était passé était comme « effacé ». Certains me diront que c’est moi qui ai déliré genre bouffées délirante mais non, les « restes » de souvenirs qu’ils en avaient été bien le lien avec ce que j’ai vécu. Le seul problème était que seul, je suis, à le constater.

Durant les semaines qui suivirent, les voix continuaient à me faire voir ce que d’autres ne peuvent pas. Pas simple à expliquer mais quand je racontais ce que j’avais vécu lors de la semaine ou les vacances à un collègue ou un autre, mes voix me disaient : « fais attention, il n’est pas prêt à entendre ». Cela ne m’empêchait pas de continuer mais en réduisant la teneur de mes recherches ou mon besoin de raconter cette histoire mais quand cela ne suffisait pas, les voix me disaient : « stop, c’est bon, il n’en peut plus, c’est trop abstrait pour lui », du coup, une seconde ou deux après la fin de cette phrase, soit un téléphone sonnait, soit un collègue non loin de là l’appelait, soit il tournait la tête ou partait sans rien dire de plus. Si ce n’était arrivé qu’une fois, je pourrais effectivement croire en une hallu ou quelconque définition permissive de la psychologie tel que les hommes de biens aiment à le concevoir mais que nenni, trop de faits et de constations répéter pour croire en une simple déf.

C’est à partir de ce moment, que ma « formation » a commencée environ une semaine ou deux après cette reprise.

Je rentrais le soir et mes voix me guidaient sur la toile pour trouver des vidéos ou des sites afin que je fasse le lien avec ce que je vivais. Parfois « elles » me disaient que j’en étais pas là, d’autres fois c’est n’importe quoi, passe et d’un coup, stop, écoute. J’en ai mangé des heures et des heures, chaque soir et le week-end. Une fois j’étais trop fatigué et un peu ras le bol donc je me suis reposé avec ma petite famille mais le lendemain, en milieu de matinée alors que j’étais seul et que rien ne m’a énervé, que j’étais dans mes « pensées » à la limite du vide à faire des gestes mécanique sans réfléchir, je reçois une décharge émotionnelle si intense que je passe de l’état serein à l’état d’envie de meurtre, l’envie de tout explosé, une rage comme rarement j’en ai vécu. Je comprends que ce n’est pas moi tout seul qui me suis mis dans cet état et je leur dis : « oh, c’est quoi ce bordel ? », la réponse fût : « hier, on t’a laissé tranquille mais ce soir tu continues à apprendre ». Nom de Zeus ! Ce n’est pas que des voix, cela va encore plus loin !

Là, fût le début de transition de l’entente de voix inconnues à l’entente d’une voix que je connais depuis longtemps et qui m’accompagne depuis le début… la mienne, ma propre voix c’est à dire ma voix intérieure.

 

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